
Quand on pense à un héros de science-fiction, on imagine souvent quelqu’un qui a toutes les réponses. Un génie sans faille, qui sait toujours quoi faire. Un leader né, confiant et solide. Et oui, ce genre de personnage peut être divertissant. Mais pour moi, ce ne sont jamais ceux-là qui me marquent vraiment.
Les personnages qui restent dans ma tête sont ceux qui n’ont pas tout compris d’avance. Ceux qui hésitent. Qui se trompent. Qui doutent d’eux-mêmes. Mais qui continuent pareil.
C’est pour ça que, quand j’ai créé Philip Anders, je ne voulais pas d’un gars qui commence comme le meilleur pilote, ou le plus brillant scientifique, ou celui que tout le monde suivrait les yeux fermés. Je voulais quelqu’un de vrai.
Philip est super intelligent. Il est talentueux à sa manière. Mais il est aussi rempli de doutes. Il vit un deuil. Il se cherche une place. Et la majorité du temps, il essaie juste de garder la tête haute. Il n’est pas le genre de courir après la reconnaissance. Mais quand ça compte, il écoute quelque chose que plusieurs d’entre nous ignorent : son instinct.
Et dans son cas, c’est peut-être ça son vrai pouvoir.
Pas des gadgets. Pas un leadership parfait. Juste une intuition que, peut-être, il voit des choses que les autres ne voient pas. Ce genre de trait, ça ne s’impose pas d’un coup. Ça se construit lentement, à force de choix, de moments. Et quand ça se révèle enfin, tu réalises que c’était là depuis le début.
C’est ce genre de protagoniste que j’aime. Et je pense que je ne suis pas le seul.
Les fans de science-fiction, c’est du monde allumé. Ils ont un radar pour rapidement repérer les personnages artificiels qui marche à plein régime. Ils ont lu et vu assez d’histoires pour sentir ce qui sonne vrai… et ce qui est juste là pour faire avancer l’intrigue. C’est pour ça que j’ai mis autant de soin à faire de Philip un vrai personnage. Il n’est pas là juste pour expliquer les choses ou sauver la situation à chaque page. Il est là pour apprendre. Et oui, pour se planter parfois.
C’est un gars qui ne veut pas être un héros. Mais qui finit par le devenir.
J’essaie de ne pas trop en dire, parce que son évolution, je veux que vous la ressentiez en lisant. Puis quand vous allez arriver à la fin du livre, j’espère que vous allez repenser au début et vous dire: « OK… je comprends maintenant. »
Parce que pour moi, c’est ça un bon protagoniste de science-fiction. Pas quelqu’un qui est déjà plus grand que nature dès le départ. Mais quelqu’un qui le devient, une décision à la fois.