
Quand je me suis enfin assis pour écrire Galaxy’s Child, je croyais simplement raconter une histoire, une histoire à laquelle je rêvais depuis des décennies. Ce que je n’avais pas prévu, c’est tout ce que ce processus allait m’apprendre. Non seulement sur l’écriture, mais sur moi-même.
La science-fiction pousse les auteurs à imaginer le futur. Mais en cours de route, elle nous tend aussi un miroir bien ancré dans le présent. Voici ce que ce miroir m’a révélé.
Je suis plus structuré que je ne le pensais. J’ai toujours eu un parcours axé sur les affaires et la planification, mais écrire un roman demande une autre forme de discipline. Mettre de côté six heures par jour, cinq jours par semaine, pendant plusieurs mois, ça prend plus que de la passion, ça prend de la détermination et da la discipline. Bref, ça prend un plan. Et j’ai adoré le processus au complet. Faire des plans, bâtir des storyboards, ajuster les arcs narratifs, j’ai tiré autant de satisfaction de la structure que de l’histoire elle-même.
J’ai besoin de clarté. J’ai découvert que je ne peux pas avancer dans une scène si je ne la vois pas clairement dans ma tête. Ça semble évident, mais en science-fiction, où c’est toi qui inventes les règles du monde, ça devient tout un exercice. Chaque console, chaque couloir, chaque combinaison de vol, chaque protocole, tout devait avoir un sens. Ce qui m’a surpris le plus est que j’ai sincèrement aimé faire l’effort supplémentaire pour que tout sonne juste et réaliste.
Je m’identifie aux « outsiders ». Philip Anders n’est pas un héros parfait. Il est chaotique, brillant, parfois tiraillé, et en constante évolution. En l’écrivant, j’ai réalisé à quel point je m’identifiais à lui, plus que je l’aurais cru. Bon, peut-être pas pour le côté chaotique! J’ai toujours admiré les personnages qui deviennent grands à force d’efforts, de cheminement et d’expérience, pas ceux qui le sont dès le départ. Créer Philip m’a permis d’explorer des aspects de moi que j’avais tendance à douter, et à les voir plutôt comme des forces.
J’ai une vraie passion pour le dialogue. Certains de mes moments d’écriture préférés ont été d’écouter. Pas de la musique, mais les conversations de mes personnages entre eux. J’ai réalisé que je ne suis pas seulement intéressé par ce qui se passe. Je me soucie profondément de comment mes personnages se parlent, se taquinent, s’opposent et s’entraident. Plusieurs de mes passages préférés dans Galaxy’s Child ne sont pas les grandes scènes spatiales, mais bien les échanges humains entre deux personnages.
Ce n’est que le début. Ce livre a vécu dans ma tête pendant presque 40 ans. Maintenant qu’il existe pour de vrai, ce que j’ai appris de plus important, c’est ceci; je veux continuer. J’ai encore tellement d’idées, d’histoires, et de personnages que j’ai hâte d’explorer, surtout en commençant à travailler sur le deuxième tome de la trilogie. Donc oui, écrire un roman de science-fiction m’a beaucoup appris sur la narration, la création de personnages et le rythme. Mais plus que tout, ça m’a rappelé qui je suis quand je suis pleinement moi-même. Curieux, concentré, imaginatif et peut-être, juste peut-être, encore un peu rêveur.