(Et pourquoi j’y pense encore aujourd’hui)

À l’époque du secondaire, deux choses étaient constantes dans ma vie, un long trajet d’autobus, et une tête remplie d’idées d’exploration spatiale.
Chaque matin et chaque après-midi, je regardais par la fenêtre, imaginant des galaxies lointaines, des moteurs plus rapides que la lumière, des civilisations extraterrestres, et le bourdonnement tranquille de la passerelle d’un vaisseau. Pendant que l’autobus cahotait sur les routes de campagne, j’étais ailleurs, en train d’éviter des astéroïdes, de résoudre des énigmes quantiques ou de tenter de sauver la Terre.
Je ne cherchais pas à fuir la réalité. J’essayais de la comprendre.
Je rêvais avec intention. Dans le bus, certains griffonnaient dans des cahiers, d’autres lisaient et certains étudiaient. Moi, je construisais des trilogies dans ma tête.
Et une fois à la maison, les rêveries continuaient. Les épisodes de Star Trek: The Next Generation et de la série Star Trek originale étaient presque une obsession. Je les regardais encore et encore, je les mémorisais et je les vivais. Et entre deux épisodes, je construisais des maquettes de l’Enterprise, de Destroyers Stellaires, ou de vaisseaux Klingons. Chaque pièce collée en place donnait l’impression d’ajouter quelque chose à mon propre univers.
À l’époque, je ne me considérais pas comme un écrivain. Je ne savais même pas si je finirais un jour un livre. Mais il y avait quelque chose de profondément rassurant dans le fait d’inventer des personnages, de leur confier des missions, et d’imaginer leurs réactions quand tout tournait mal. Sans le savoir, j’apprenais à raconter une histoire.
Plus que ça, j’apprenais à ressentir une histoire.
Mon premier espace créatif? Un autobus scolaire. Ça peut sembler ridicule, mais ce vieil autobus jaune a été mon tout premier espace créatif. Pas de clavier, pas de plan, pas de notes. Juste mes pensées, le mouvement des roues, et le bruit du moteur comme fond sonore de passerelle.
Et quand on frappait un nid-de-poule? J’imaginais qu’on venait d’entrer en distorsion 😉
Ces rêveries n’ont jamais vraiment cessé. Elles ont évolué, bien sûr. Elles sont devenues plus techniques, plus ancrées dans la science. Mais au fond, le cœur est resté le même.
Ce jeune homme collé à la fenêtre a fini par grandir et publier Galaxy’s Child, le premier tome d’une trilogie qui flotte dans mon esprit depuis des décennies.
C’est drôle ce qui nous reste. Parfois, ce ne sont pas les leçons en classe qui tracent notre chemin. Parfois, c’est ce qu’on imagine quand personne ne regarde.
Vous avez déjà construit un univers entier dans votre tête pendant un trajet d’autobus? J’aimerais beaucoup en entendre parler. Laissez un commentaire ou partagez ce blog s’il vous rappelle vos propres rêves de jeunesse.