(Et pourquoi mon histoire tourne autour du moteur FTL)

Depuis que la science-fiction existe, les auteurs se heurtent toujours au même défi, comment faire voyager leurs personnages d’un système à un autre sans que l’histoire ne dure des milliers d’années? La réponse a toujours été la même, voyager plus vite que la lumière.
Inspirations de science-fiction
Dans Star Trek, c’était le moteur à distorsion (warp drive), un dispositif narratif ingénieux basé sur l’idée de plier l’espace lui-même. Dans Battlestar Galactica, c’était le saut FTL, un bond instantané d’un point du cosmos à un autre.
Quand j’ai commencé à écrire Galaxy’s Child, je voulais quelque chose qui appartienne à la même famille d’idées mais qui ne soit pas trop lié à l’une ou l’autre franchise. C’est pourquoi j’ai choisi le terme moteur FTL. C’est un pont entre les concepts de « distorsion » et de « saut », ancré dans la science mais assez flexible pour servir les besoins de mon histoire.
Mais ma fascination ne vient pas seulement de la télévision. Elle remonte à Isaac Asimov.
Les romans d’Asimov nous ont donné les routes de l’hyperespace et les empires galactiques, mais ce sont ses histoire courtes et ses publications scientifiques qui m’ont vraiment marqué. Il ne se contentait pas d’imaginer ces idées, il expliquait aussi les théories qui les soutenaient. Le lire, c’était réaliser que la meilleure science-fiction repose toujours sur de la science réelle.
La théorie de distorsion aujourd’hui
Pendant des décennies, les moteurs à distorsion sont restés au stade de la spéculation. Le modèle célèbre de Miguel Alcubierre, proposé dans les années 1990, montrait que, mathématiquement, une bulle de distorsion pouvait contracter l’espace devant un vaisseau et l’étendre derrière lui. Le problème? Cela nécessitait de l’énergie négative, une forme de matière exotique que nous n’avons jamais observée, même si Star Trek en parlait souvent à travers l’antimatière. Cela semblait fermer la porte à la physique de la distorsion.
Jusqu’à récemment.
Un nouvel article scientifique a proposé un modèle de moteur à distorsion qui ne dépend pas de matière exotique. Le groupe Applied Physics (APL) a développé une conception subluminique, c’est-à-dire qu’elle reste en dessous de la vitesse de la lumière en utilisant de la matière ordinaire et un « vecteur de décalage » semblable à celui des équations d’Alcubierre. Pour la première fois, un concept de distorsion satisfait numériquement aux conditions énergétiques connues.
Un autre article, publié en août, a proposé le premier modèle de distorsion entièrement physique, un modèle qui pourrait, en principe, fonctionner avec une physique bien comprise et sans recourir à la matière exotique.
Ce n’est pas encore pratique. Les besoins énergétiques sont énormes. Les défis techniques sont vertigineux. Mais l’essentiel est là. Nous passons de la théorie de distorsion à la réalité.
Pourquoi mon histoire tourne autour du moteur FTL
C’est pour cela que j’ai choisi de faire du moteur FTL l’élément central de Galaxy’s Child. Ce n’est pas seulement un outil narratif pratique. C’est une frontière, là où la science-fiction et la science pratique se rejoignent. C’est là où l’imagination pousse la science en avant, et où la science, à son tour, inspire de nouvelles histoires.
La grande question
Alors, est-ce que Philip Anders atteint vraiment une vitesse supérieure à celle de la lumière dans ce premier tome de la trilogie? Disons simplement que… vous devrez lire le livre pour le découvrir. 😉