
Hier, en écoutant une de mes émissions de radio préférées, Ça Rentre au Poste sur le 94,3FM de Montréal, je suis tombé sur leur segment appelé Révélations. Un auditeur a téléphoné en affirmant avoir été enlevé par des extraterrestres.
Je l’avoue, j’ai entendu beaucoup de ce genre d’histoires auparavant. Certaines paraissaient tirées par les cheveux, d’autres semblaient préparées d’avance. Mais celle-ci était différente. L’homme était calme, cohérent, et presque trop ordinaire pour qu’on puisse le rejeter du revers de la main. Il y avait quelque chose dans sa façon de raconter qui vous faisait vous demander, et s’il disait la vérité? D’après ce que j’entendais, lui, en tout cas, en était convaincu.
Les histoires d’enlèvements extraterrestres sont devenues une partie unique du folklore moderne. Elles ont développé un héritage et suivent souvent un schéma similaire. On entend souvent parler d’une étrange lumière dans le ciel. De temps perdu, parfois des heures, parfois des jours qui ne peuvent être expliqués. De fragments de mémoire impliquant des pièces lumineuses, des êtres grands, ou des examens médicaux. Et les séquelles persistantes, anxiété, rêves vifs, parfois même des marques physiques.
Que vous y croyiez ou non, ces récits sont devenus un phénomène culturel. Du cas célèbre de Betty et Barney Hill dans les années 1960 à d’innombrables témoignages depuis, les récits d’enlèvements ont façonné notre façon d’imaginer le contact extraterrestre. Ce ne sont pas seulement des clichés de science-fiction, ils font désormais partie de notre imagination collective.
Ces histoires comptent. Ce qui me frappe le plus, c’est l’impact que ces expériences ont sur ceux qui les racontent. Pour beaucoup, il ne s’agit pas de convaincre le monde. Il s’agit d’essayer de comprendre quelque chose de profondément troublant, quelque chose qui a changé leur perception de la réalité. Certains ont même cherché de l’aide psychologique à la suite de leurs expériences présumées. Et même si vous doutez de la véracité littérale des enlèvements, les récits eux-mêmes reflètent une vérité importante, la fascination continue de l’humanité pour ce qui se trouve au-delà.
Ces récits ont eu un rôle dans ma façon d’écrire Galaxy’s Child. Lorsque je développais l’histoire, je pensais beaucoup à la psychologie du contact. Qu’est-ce que cela signifierait vraiment de se retrouver face à quelque chose qui ne vient pas de ce monde? Serions-nous curieux? Terrifiés? Changés à jamais?
Pour moi, les histoires d’enlèvements n’étaient pas à propos des détails techniques de sondes ou de vaisseaux. Elles concernaient la réaction humaine, la manière dont des gens ordinaires décrivent des rencontres extraordinaires, et comment ces rencontres se répercutent sur le reste de leur vie.
C’est pourquoi, dans Galaxy’s Child, le premier contact et les vérités cachées ne sont pas traités comme un spectacle. Ils sont présentés comme quelque chose de profondément personnel. Parce qu’au fond, les histoires d’enlèvements extraterrestres ne parlent pas des extraterrestres. Elles parlent de nous. De la façon dont nous faisons face à l’inconnu, dont nous gérons la peur, et dont Philip Anders cherche un sens dans l’incompréhensible.
L’auditeur d’hier ne convaincra peut-être jamais les sceptiques. Mais il m’a rappelé pourquoi ces histoires perdurent. Elles nous poussent à regarder le ciel nocturne un peu différemment. Elles nous forcent à nous demander, sommes-nous vraiment seuls? Et que vous croyiez ou non aux enlèvements, cette question est assez puissante pour façonner à la fois la science-fiction et la science réelle.