La famille, la perte et ce qui inspire les histoires que nous racontons

Chaque histoire commence quelque part. Parfois, elle naît d’une idée, parfois d’un rêve, et parfois d’un souvenir qui refuse de s’effacer. Pour moi, tout a commencé avec les personnes qui ont façonné ma vie, ma famille.
La famille nous donne des racines. Elle nous donne le courage de tomber, d’apprendre, de grandir et de continuer d’avancer même lorsque le monde change autour de nous. Et lorsque nous perdons quelqu’un que nous aimons, cette fondation ne disparaît pas. Elle prend simplement une autre forme, une qui nous rappelle qui nous sommes et pourquoi nous continuons.
Quand j’ai perdu ma mère à cause d’un cancer, elle avait 61 ans et j’en avais 36. C’est l’un de ces moments dans la vie qui vous forcent à tout arrêter et à voir le monde autrement. J’ai dû mettre ma vie sur pause pour m’occuper de mon père pendant six mois. Ce furent des jours difficiles, mais ils m’ont appris davantage sur la patience, la compassion et l’amour que n’importe quelle salle de classe ou carrière n’aurait pu le faire. J’ai eu de la chance, cependant. J’ai une sœur qui a toujours été là pour moi et une épouse qui m’aime et me soutient. Cela fait une énorme différence. Mais ces expériences ont transformé ma façon de voir les gens, d’écrire et de comprendre la perte.
Lorsque j’ai créé Philip Anders, je voulais explorer ce que signifie réellement la solitude, pas seulement l’isolement physique, mais aussi la distance émotionnelle. Philip a perdu ses deux parents alors qu’il était encore à l’école. Il est enfant unique, et cette solitude le définit d’une façon qu’il ne réalise pas toujours. Il la cache derrière la science, derrière la logique et derrière l’excitation de la découverte. Mais au fond, son désir d’atteindre les étoiles est en réalité une quête pour se définir.
Ce n’était pas facile pour moi d’imaginer ce genre de vide. J’ai eu la chance d’avoir des gens qui m’ancrent, même dans les moments les plus difficiles. Mais écrire Philip m’a aidé à comprendre ce que ressent une telle absence. Cela m’a obligé à fouiller plus profondément dans mes propres souvenirs, à puiser dans les moments où j’ai ressenti la perte, l’incertitude et le besoin de retrouver un sens à ma vie.
En ce sens, l’écriture est devenue une forme de thérapie. À travers Philip, j’ai revisité mes propres émotions, et ce faisant, j’ai découvert une vérité que je n’avais pas vue clairement auparavant, que l’amour et la perte sont les deux faces d’une même pièce. Les personnes que nous perdons ne disparaissent pas. Elles vivent à travers nos choix, nos histoires et la force tranquille que nous portons en nous. C’est ce que fait la famille, même lorsqu’elle n’est plus là, elle continue de nous guider.
Alors que je travaille sur le deuxième tome de ma Trilogie, ces idées sont encore plus présentes dans mon esprit. Le parcours de Philip ne parle pas seulement de vitesse supraluminique. Il parle de trouver la lumière dans l’obscurité, de réaliser que même dans le silence infini de l’espace, nous ne sommes jamais vraiment seuls. Nous portons avec nous les personnes qui nous ont façonnés, où que nous allions. C’est peut-être cela, le véritable héritage de l’amour. Pas les moments que nous avons partagés, mais les fragments d’eux qui restent avec nous, ceux qui murmurent, même à travers les étoiles, continue de foncer.