
La science-fiction, c’est souvent une affaire de grandeur. Des voyages plus rapides que la lumière, des civilisations extraterrestres, de la vie artificielle, des aventures interstellaires et bien plus encore. Mais s’il y a une chose que j’ai comprise en écrivant Galaxy’s Child, c’est celle-ci; aucune de ces idées ne compte si le lecteur n’arrive pas à les visualiser.
En tant que passionné de science-fiction depuis toujours, j’ai lu des livres remplis de concepts brillants, mais dans lesquels j’avais du mal à rester accroché. Tout simplement parce que j’avais de la difficulté à visualiser ce qui se passait. Alors, quand je me suis mis à écrire mon propre roman, une chose était sûre, je me suis promis de ne jamais laisser le lecteur dans le flou.
Dès les premiers brouillons de Galaxy’s Child, mon objectif était de faire vivre chaque scène au lecteur, non seulement par l’action, mais par la façon dont je la décrivais.
Je ne voulais pas les bombarder de jargon ni de mots futuristes vagues. Je voulais qu’ils voient les lumières clignoter sur le tableau de bord, qu’ils ressentent le bourdonnement du moteur sous le siège du pilote et qu’ils perçoivent le silence absolu de l’espace au-delà du cockpit. Et pour ça, il fallait plus que de l’imagination, il fallait de la description avec précision. Pour ce faire, je devais installer rapidement et clairement le décor, montrer ce que le personnage voit, entend ou ressent, garder un langage immersif mais accessible et trouver le bon équilibre entre la description et le rythme.
Dans un genre qui peut facilement devenir trop technique ou visuellement complexe, je crois qu’un écrivain doit faire un peu plus d’efforts. Le lecteur nous fait confiance pour l’emmener là où il n’est jamais allé. La moindre des choses, c’est de lui donner une image claire du voyage.
Que j’écrive une scène dans le cockpit du YF-223, une conversation sur la base lunaire, ou un moment intime entre deux personnages dans un espace confiné, je me posais toujours la même question. Est-ce que le lecteur peut l’imaginer clairement, comme s’il y était. Et si la réponse était non, je réécrivais. Parfois encore et encore. Parce que pour moi, la narration visuelle n’est pas un bonus en science-fiction, c’est la base pour vivre une bonne histoire.
À mon avis, un bon roman de science-fiction présente une technologie impressionnante. Mais un excellent roman vous permet de la voir, de l’entendre et de la ressentir. Sans jamais sacrifier les personnages ou l’émotion ressentie. C’est exactement ce que j’ai voulu créer avec Galaxy’s Child. Pas seulement une histoire du futur, mais un futur que vous pouvez presque vivre. Et si même un seul lecteur referme le livre en disant, « Je voyais tout parfaitement », alors tous ces efforts en valaient la peine. Surtout quand votre conjointe (qui n’est pas une adepte de science-fiction comme moi) termine la relecture du manuscrit, lève les yeux avec étonnement et dit qu’elle a pu visualiser chaque scène avec une clarté réaliste. À ce moment-là, j’ai su que j’avais quelque chose de spécial!